Le tristement célèbre Empire de Bael’Turath n’est plus que l’ombre de ce qu’il était autrefois. Sous le regard méfiant de ses voisins et au-delà, l’empire se contente de rester à l’intérieur de ses murs et de faire profil bas à cause de son sombre passé qui a mené au déchirement du continent d’Endamar il y a de celà plus d'un millénaire. 

Aujourd’hui réduite à l’état de cité-état centralisant les quelques territoires détenus et encore marqués par la guerre, les autres royaumes ne connaissent pas les réelles intentions des impératrices nafräat qui ne brisent leur silence seulement lorsqu’elles sont sollicitées.

La dangerosité des terres autour de la cité-état a perpétué encore longtemps la culture isolationniste des nafräats, craignant de devoir se battre sur leur propre territoire contre des créatures qui ne se placent sous aucune bannière ou couleur, si ce n’est leurs instincts primaires.

Géographie

Les terres de l’Empire de Bael’Turath ont su se régénérer à travers le millénaire qui sépare la Première guerre d'Endamar et l’An 104 malgré le fait que certains paysages restent encore marqués des guerres, notamment sur le plan magique.

La région présente un climat tempéré chaud et relativement sec avec peu d’épisodes de précipitations marqués cependant par la formation de violents orages (=climat méditerranéen). On observe peu de végétation aux alentours de la cité de Bael’Turath en vue de son urbanisme presque omniprésent caractérisé par ses grandes structures noires et anguleuses, affichant de nombreuses gravures narrant les hauts faits de l’Empire. 

Si la population au sein de la cité impériale de Bael’Turath représente la quasi totalité des nafräats de l’Empire, seul un très petit nombre a décidé de vivre dans les territoires aux alentours mais à leurs risques et périls : les vestiges magiques liés à la guerre ont provoqué des changements majeurs dans la faune et la flore. Ainsi, sont nées diverses créatures plus dangereuses les unes que les autres.

Nom(s):

Bael’Turath
Empire de Bael’Turath

Gentilé:

Bael'Turiotes

Races principales:

Nafräats

Fondation:

12e millénaire avant le Grand Séisme

Régime:

Monarchie

Capitale:

Bael'Turath

Dirigeant:

Nerraleth Tamarind

Langues:

Nafräat
Ancien Elya
Commun

Inspirations:

Tieffelins

Politique

L’Empire de Bael’Turath est dirigé par une impératrice issue de la dynastie des Tamarind qui possède théoriquement un pouvoir absolu sur l’ensemble de l’empire. Elle règne donc seule avec ses conseillers qui sont les chefs des Grandes Familles ainsi que des membres de la noblesse. D’une manière générale, le chef des Armées est le chef de la famille Arkael, le conseiller direct de l’impératrice est le chef de la famille Rin et le banquier impérial est le chef de la famille Dolta.

Les trois Grandes Familles servent alors de soutien au pouvoir impérial en étant répartis dans leurs domaines d’expertise. Cependant, ils ne sont pas négligeables dans la politique impériale puisque ces dernières ont la possibilité de nommer une nouvelle impératrice, souvent de la même dynastie, par un vote si l’impératrice actuelle agit à l’encontre du bien commun de son peuple. Le vote n’a été utilisé qu’une fois, lors de l’élection de la première reine de l’histoire de Bael’Turath.

En vue de l’influence des Grandes Familles et de la famille impériale, des quartiers leurs sont consacrés pour leurs activités. On retrouve alors dans chacun des quartiers des Grandes Familles un palais plus petit que celui de l’impératrice. Dans les quartiers Arkael, on retrouve l’ensemble des institutions militaires, en ce qui concerne les quartiers Dolta, on retrouve l’ensemble des banques et secteurs économiques et dans les quartier Rin, on retrouve l’Académie de magie qui forme l’intégralité des mages de Bael’Turath. Au sein du quartier impérial se trouvent alors l’ensemble des institutions politiques dont les chefs des Grandes Familles doivent de temps à autre siéger afin que la famille impériale garde une certaine forme de contrôle.

 

L’armée de Bael’Turath a subi une grande réforme après la fin de la Première Guerre d’Endamar qui resta appliquée jusqu’en l’an 104. Si au départ elle était similaire à n’importe quelle armée, son fonctionnement s’est vue changée avec l’arrivée des monstres aux portes de la cité. Nous retrouvons alors la répartition suivante :
- La garde impériale : Les gardes impériaux sont considérés comme l’élite des forces armées de Bael’Turath. Ses membres se sont fait remarquer par les Grandes Familles ou la famille impériale durant leur séjour dans l’armée ou dans la garde pour leurs compétences. En devenant garde impérial, ce dernier reçoit alors un pouvoir décisionnel plus important que la plupart des gradés et est chargé d’assurer la protection d’un membre éminent des Grandes Familles ou de la famille impériale. Certains nobles nafräats influents ne faisant pas parti des familles citées peuvent recevoir des membres de la garde impériale.
- La garde “régulière” : La garde régulière regroupe l’ensemble des forces armées dédiées au maintien de la paix sur l’ensemble du territoire nafräat. La garde est souvent stationnée dans les villes et veille au bien-être des sujets de l’impératrice. Au lendemain de la Première Guerre d’Endamar, la quasi totalité de la garde se trouve dans la capitale avant de petit à petit se répartir sur les territoires reconquis.
- La Grande Armada de Bael’Turath : La marine de l’Empire de Bael’Turath qui a énormément contribué à la renommée militaire de l’empire pendant très longtemps en raison de l’expertise ancienne des nafräats en stratégie militaire navale et en navigation. Depuis l’apparition des monstres, la plupart des affaires navales ne relevant pas des affaires civiles sont attribuées à la marine. Les Maquisards d’Ulthis collaborent fréquemment avec la marine lorsque des anomalies maritimes sont signalées. La Grande Armada est connue pour avoir accueilli l’impératrice Olvial Tamarind dans ses rangs avant de devenir impératrice ainsi que la prise de commande de cette dernière sur les flots durant la Première Guerre d’Endamar, avant que le corps d’armée ne soit plus que l’ombre de lui-même. Les quelques ambassadeurs ne faisant pas parti du domaine civil se trouvent dans l’Armada.
- L’armée régulière : L’armée régulière regroupe les forces armées de Bael’Turath ayant vocation d’être envoyés à la guerre face à un ennemi extérieur. Après la défaite de Bael’Turath et l’apparition des Maquisards d’Ulthis, cette partie des forces armées est en sous-effectif puisqu’elle n’est que très peu mobilisée. Ainsi, ses membres sont fréquemment des individus aux idées conservatrices et nationalistes qui espèrent un retour d’un âge d’or de l’empire et de son armée.
- Les Maquisards d’Ulthis : Une unité de guerriers ainsi que de mages créée en réponse aux attaques des monstres apparues des suites de la dernière guerre ayant impliqué les nafräats. Leurs activités principales consistent à réaliser des expéditions dans les anciens territoires de l’empire aux alentours de la capitale, laissés vierges par les autres nations en raison de leur dangerosité. Les Maquisars représentent une partie conséquente des forces armées en raison de la nécessité de se débarrasser de ces créatures magiques à l’extérieur des murs de la cité. Les mages de cette catégorie restent généralement au sein de la capitale afin d’analyser les résultats des expéditions, préférant d’ailleurs le nom non-officiel d’Haruspices d’Ulthis.

 

Culture

La société Nafräat est un modèle très atypique en Ambervale. C’est une société matriarcale et polygame, c’est-à-dire que les femmes occupent une place plus importante dans la hiérarchie sociale et que les couples ne se résument pas à deux individus. De ce fait, les femmes ont un pouvoir plus important que les hommes dans la société mais cela reste les hommes qui gardent un pouvoir financier un peu plus important, il n’est donc pas rare de les voir s’illustrer dans le monde marchand. 

 

Chez les nafräats, le nom de famille se révèle fréquemment très long et témoigne souvent du statut social familial. Plus le nom d’un nafräat possède des particules, plus cela indique que les liaisons par mariages ont éloigné les générations suivantes de la famille d’origine. Ainsi, un Bael’Turiote qui possède un nom très long est souvent d’un rang social inférieur à celui dont le nom ne possède que très peu de particules, bien que cette règle n’est pas universelle puisqu’il existe une hiérarchie entre les différents nobles. 

Le nom de la Grande Famille auquel le nafräat appartient peut se trouver à la fin du nom de famille, il est accordé par les hautes sphères de la Grande Famille et accorde un statut de bourgeoisie au sein de la société. Il peut être obtenu à la naissance mais peut ne pas être fixe, par exemple, un nafräat de la bourgeoisie né Rin ne veut pas devenir mage mais un guerrier ou aller dans la finance, il naîtra Rin mais pourra obtenir les faveurs des familles respectives donc changera son nom de Rin pour Arkael ou Dolta. Pas tous les nafräats possèdent le particule des Grandes Familles.

 

En lien avec l’aspect polygame, les nafräats se marient rarement et leur(s) partenaire(s) passe(nt) avant tout, à l’exception des enfants. Il n’est pas rare de voir des familles nombreuses chez les nafräats, pouvant souvent aller jusqu’à 4 à 6 enfants.

La société nafräat s’organise dans sa quasi totalité en trois grandes familles qui portent les noms des trois grandes familles de Bael’Turath :

- Arkael : C’est la famille de nafräats spécialiste de la guerre. De par cette spécialité, la famille est la représentante des forces de l’Ordre et de la Justice. Le chef des Arkaels devient le/la général.e des armées de Bael Turath.

- Rin : C’est la famille de nafräats spécialiste des Arts magiques. De par sa spécialité, la famille regroupe les mages et penseurs des Nafräats et sont souvent proches de la famille impériale. Le chef des Rins devient généralement le/la conseiller.e direct de l’Impératrice.

- Dolta : C’est la famille de nafräats spécialiste dans le commerce ainsi que l’artisanat. La famille regroupe les marchands les plus riches et les artisans les plus talentueux, s’occupant de garantir un équilibre dans l’économie de l’empire. Le chef des Doltas est souvent le/la banquier.e de la famille impériale.

 

Religion

Sur le plan religieux, les nafräats vénèrent les éléments, les dieux élémentaires et la famille impériale. Les dieux tiers ne sont pas reconnus par les Nafräats. Le nom des dieux élémentaires portent des noms différents chez les nafräats :

  • Yune devient Fu
  • Ashera devient Diril
  • Aorh devient Fior
  • Seborth devient Vior
  • Apheia devient Vaerra
  • Nydia devient

Après la Première Guerre d’Endamar, les autorités se montrèrent strictes sur les cultes. Ainsi, un culte concernant un autre dieu que les dieux précédemment cités et la famille impériale est perçu comme une secte et mène très fréquemment à une arrestation de ses membres avec une peine sévère, pouvant aller dans le pire des cas à la peine de mort pour opposition à la famille impériale et à l’État.

Certains cultes secrets furent découverts et leurs membres arrêtés comme Les Sabliers de la Destinée, groupuscule dédié à Dephter, ou La Fronde Cosmique, groupuscule dédié à Kithar. Un groupuscule établi autour d’un culte de Peitho fut également découvert, sobrement appelé Les Cambistes, et maintenu sous surveillance en raison de leur position-clé dans les échanges avec l’étranger. La surveillance servait principalement à éviter la propagation d’un culte extérieur.

Divers

Un racisme subsiste dans certaines parties minoritaires de la société nafräat à l’encontre des elyas dits “purs” car, même si autrefois ils étaient des frères et sœurs, ces nafräats les perçoivent comme des rivaux qu’il faut éliminer avant de soi-même être éliminé. Cette pensée est très présente dans un groupe appelé Les Soeurs de Maar.

Les Sœurs de Maar sont des vierges guerrières vivant dans le plus grand des secrets et œuvrant pour le retour de l’Empire de Bael’Turath dans la gloire passée, d’avant la guerre avec Forlonde. Ce nom de “Soeurs de Maar” provient de l’archipel du même nom ainsi que cette nostalgie et volonté de rétablir l’empire comme avant, l’archipel autrefois quasi exclusivement peuplé de pêcheurs et fermiers est vu comme un lieu de vertu et des vices urbains, loin de la grande ville que représente la capitale nafräat entièrement urbaine. Cependant, ce groupe est méprisé par une grande partie de la nouvelle société nafräat, ces derniers pensant que les Soeurs ne veulent que le retour de la guerre et la mort de tous. Il existe également un groupuscule du nom des Frères de Maar mais ceux-ci sont bien moins nombreux et bien plus rarement évoqués que les Soeurs.

Certains nafräats furent réduis en esclavage durant la Première Guerre d’Endamar, faisant que leurs descendants naquirent dans des territoires elyas. Les nafräats de Bael’Turath ne considèrent pas un nafräat ayant reçu une éducation purement elya comme l’un des leurs.


En ce qui concerne les Faunus, les Nafräats ne perçoivent pas ces derniers comme simplement des animaux mais comme des phénomènes de foire dont l’Empire ne s’est pas gêné de les réduire en esclavage. De plus, les nafräats les plus conservateurs les ont associés aux monstres qui ravagent les terres inoccupées de l’Empire avec à peine plus d’intelligence et de conscience.

Histoire

La fière cité de Bael’Turath, originellement fondée par des Elyas il y a approximativement 12 000 ans, est une très grande ville portuaire, commerciale et guerrière, formant des mages soldats. Le développement de cette dernière amena à une période de prospérité pour les habitants de la grande cité marchande, se démarquant par son commerce rentable et l’expertise de ses marchands. C’est durant cette période que trois grandes familles émergent et développent leurs sphères d’influence : les Arkael, les Dolta et les Rin. Leur influence fut telle que ces trois familles prirent alors la décision de nommer une reine pour Bael’Turath, la première reine de la cité.

Au fil du temps, Bael’Turath continua de se développer à une vitesse fulgurante, augmentation de la richesse des plus grands, augmentation du niveau de vie des habitants et croissance de leur nombre. Cependant, cela n’a duré qu’un temps, les habitants de Bael’Turath se retrouvant rapidement à l’étroit entre les murs de la cité. Cette volonté de repousser les frontières de ce peuple amena la reine de Bael Turath à conquérir les terres, villages et villes environnants. Le territoire grandit sur terre mais aussi sur les mers, la conquête se terminant par la conquête de l'archipel de Maar, peuplé majoritairement de pêcheurs et de marchands.

 

Il ne fallut pas longtemps avant que certains royaumes elyas se montrent méfiants à l’encontre de la volonté expansionniste de Bael’Turath, à commencer par le royaume de Forlonde. Ainsi, des émissaires forlondiens furent envoyés dans l’objectif de stopper les conquêtes. La reine, à la tête d’un empire naissant, décida de faire profil bas et fit bonne impression face aux émissaires et ils conclurent un marché. Les termes du marché consistaient en l’arrêt des conquêtes de Bael Turath et, en échange; les hommes et femmes de Bael’Turath recevaient une éducation sur le modèle de la culture forlondienne. A contre-coeur, la reine accepta, ne pouvant pas se permettre de s’opposer à Forlonde qui était bien plus puissante sur le plan militaire. 

 

Quelque temps plus tard, le modèle forlondien n’apporta rien de concrètement nouveau à la cité, les problèmes de pauvreté devenant de plus en plus persistants ne se réglaient pas avec la promesse forlondienne. Pire même, des révoltes éclatèrent au sein du royaume, déchirant l’unité de la population. 

Ainsi, Olvial Tamarind, reine à ce moment-là, prit un choix très risqué : elle s’auto-proclama Impératrice de l’Empire de Bael Turath et mit fin à l’accord qui liait les deux royaumes elyas en attaquant des colonies forlondiennes. Les dés étaient jetés. C’est donc en l’an -1763 avant le Grand Séisme (séisme marquant l’An 0) que débuta la Première guerre d'Endamar entre l’Empire de Bael’Turath et le royaume de Forlonde.

 

Malheureusement pour la nouvelle impératrice, sur terre, les forlondiens accompagnés de leurs alliés démontrèrent une meilleure formation militaire ainsi que la possession d’un meilleur équipement. L’empire perdit plusieurs territoires. Cependant, l’impératrice participa là où Bael’Turath était bien meilleur que les forlondiens : sur la mer. A la tête d’un navire aux voiles aux couleurs ensanglantées, elle coula de nombreux navires forlondiens et gagna de nombreuses batailles. Bientôt, elle prit le nom d’Impératrice Sanglante ou Impératrice rouge. 

Les années passèrent et Bael’Turath continua à perdre de plus en plus les moyens d’avoir l’avantage. Pour les trois Grandes Familles et la famille impériale, il était temps de trouver une nouvelle solution et la famille Arkael en trouva une : il existait une légende parlant de mages ayant scellé un pacte avec une créature magique qui donnerait force et puissance à ceux qui le mèneraient.

 

C’est ainsi que l’Impératrice Sanglante mena un pacte avec un démon du nom de Donom, c’est le “Pacte de la Lune Sanglante” en -1542. Ce pacte offrit alors à Olvial L'impératrice, à Moralad, Mère des Arkael; à Disdisae, Mère des Dolta et à Penriel, Mère des Rin, d’immenses pouvoirs aussi bien magiques que guerriers. Des hurlements de douleur vinrent déchirer la nuit et résonner à travers les horizons. Le destin du peuple d’Olvial fut scellé : des cornes, des queues, des yeux aux regards brillants ou encore des peaux aux couleurs exotiques se manifestèrent sur l'ensemble des habitants. Ainsi sont nés les Nafräats.

Si l’entreprise d’Olvial était une réussite et que l’empire réussit à prendre l’ascendant sur l’ennemi, ce ne fut que temporaire. Les renforts ne tardèrent pas à arriver et l’empire perdit de nouveau l’avantage. L’ennemi arriva aux portes de la cité en -1322 et la détruisit entièrement, ne laissant que ruines et désolation. Cet événement mit fin à près de 400 ans de guerre. Aucun des royaumes elyas ayant participé à la guerre ne trouva d’intérêt de s’accaparer les derniers territoires nafräats car perçus comme maudits et ravagés par la guerre. De plus, Olvial mourut durant la guerre, exécutée par les forlondiens.

 

Avec la mort de l’impératrice, c’est sa fille, Orphélia qui sera connue comme l’Impératrice des Ombres, qui prit la place sur le trône des ruines de Bael’Turath. Pour protéger son peuple, elle prit la décision de placer les terres restantes derrière un champ de force qui coupa les nafräats du reste du monde. Pour Orphélia, c’était l’occasion pour les Nafräats de se renforcer et donna comme devoir à son peuple de repeupler leurs terres et prendre un jour leur revanche. C’est au bout de 400 autres années, soit à la fin du règne d’Orphélia Tamarind, que l’impératrice, face à l’échec mitigé de son projet, donna l’autorisation à sa successeure, Talmaril, de rouvrir les portes de la cité. C’est le début d’une réouverture du peuple nafräat au monde et la disparition progressive d’un esprit de revanche pour une certaine partie de la population. Un esprit revanchard bien plus tenace persista dans certaines strates minoritaires de la population, cherchant un jour à resurgir.

 

Cependant, à l’ouverture des portes de la cité, les nafräats ayant décidé d’explorer de nouveau leurs anciennes terres firent face à des créatures étranges et dangereuses qui semblaient descendre de la faune et de la flore d’antan. Ainsi, de nombreux nouveaux décès furent à déplorer, plus étranges les uns que les autres.

Les Nafräats décidèrent communément de retourner massivement entre les murs de la cité qui continuait toujours de s’étendre, représentant pour eux un moyen efficace d’être en sécurité face à la nouvelle menace extérieure. Pour lutter face à cette crise, l’impératrice Talmaril ordonna à la Maison Arkael, collaborant avec la Maison Rin, de créer un corps de combattants qui apprendraient à combattre efficacement ces monstres. Les cheffes des deux maisons en ces temps, la générale Rayath Arkael et l’archimage Velamdral Rin, choisirent de nommer cette nouvelle unité : les Maquisards d’Ulthis. Ce nom fut choisi puisque le village d’Ulthis fut le premier lieu où les apparitions monstrueuses furent recensées. Si ces combattants montraient certaines avancées vis à vis de cette crise, il n’était pas rare de voir des groupes entiers se faire décimer, cette forte mentalité chez eux diminua à travers les siècles et millénaires, la menace se faisant moins grande et les chasseurs se faisant plus professionnels. Parfois, quelques chasseurs de Jessen firent leurs séjours sur les terres de Bael’Turath afin d’en apprendre davantage sur les monstres locaux à travers une entraide des deux partis par l’apport de l’expertise acquise à Jessen et l’apprentissage sur l’éliminations de ces créatures aux nafräats en échange de l’organisation d’expéditions en territoires hostiles. 

 

Les siècles passèrent lentement pour les habitants de la cité-état qui voyait de nouveau ses territoires récupérés au fur et à mesure d’expéditions grâce aux efforts des nombreuses générations de Maquisards, au prix de pertes conséquentes. Les royaumes frontaliers de Bael’Turath virent au loin l’avancée progressive de l’empire déchu sur ses anciennes terres désolées et créa un mouvement d’inquiétude dans les hautes sphères du pouvoir, une inquiétude restant secrète afin de ne pas créer de la panique.

En l’an 56 après le Grand Séisme, l’Impératrice Stramayas Tamarind décède des suites d’une maladie incurable contractée quelques années plus tôt, laissant alors le trône libre pour sa fille, la princesse archi-duchesse-héritière Nerraleth Tamarind, qui prendra sans tarder la place au pouvoir. L’impératrice Stramayas était connue pour sa politique d’apaisement avec les nations elyas du continent et sa mort causa un grand désarroi dans la capitale. Cependant, certaines rumeurs dites blasphématoires commencèrent à se diffuser dans les strates les plus sombres des bas-fonds de la cité-état : l’impératrice était-elle réellement morte de maladie ou a-t-elle été assassinée ? En effet, certains nafräats suspectèrent un assassinat commandité par nul autre que la nouvelle impératrice qui ne tarda pas à mener une politique plus agressive que sa mère. Ses objectifs furent simples, il fallait à tous prix reconquérir les terres laissées libres à cause des monstres malgré certaines protestations des Grandes Familles. Concentrée sur la politique interne de Bael’Turath, l’impératrice arrêta les efforts d’apaisements des nations voisines, laissant alors revenir une pesante terreur. Dans ces mêmes bas-fonds, certains dirent que Nerraleth Tamarind n’était que le retour de l’impératrice Orphélia parmis les mortels.

L’avancée de la reconquête fut mitigée car plus les nafräats avançaient plus loin dans les terres, plus les créatures présentes étaient des êtres puissants tapis dans l’ombre depuis des siècles. Ainsi, l’impératrice fit preuve d’une plus grande clémence après 28 ans de règne, n’ayant guère le choix de faire face aux nombreux échecs. La faute fut mise sur son arrivée sur le trône très jeune et sur la mort prématurée de sa mère qui n’a pu lui enseigner l’art de gouverner. Toutefois, une chose est sûre : si Nerraleth ne put réaliser ses objectifs, elle était prête à trouver durant les décennies suivantes un moyen de réaffirmer l’Empire de Bael’Turath.